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C'est le 15 août 1936 que la F.I.F.A. attribua l'organisation de la III ème Coupe du Monde de Football à la France, le pays fondateur de l'épreuve au détriment de l'Argentine autre postulant . Depuis le Mondial italien de 1934, le professionalisme avait gagné le pays et d'autres nations affaiblissant considérablement la compétition footballiste aux Jeux Olympiques. A l'opposé, le nombre de postulants à la Coupe du Monde augmenta en flèche même si le climat de l'époque ne si prêtait guère. Beaucoup de pays étaient déjà en guerre (Espagne, Chine). L'Autriche fut annexée par l'Allemagne Nazi, contraignant ses joueurs à évoluer sous les couleurs de la grande Allemagne. Ce fut la fin de la grande équipe d'Autriche, la "Wunderteam". La Seconde Guerre Mondiale approchait à grands pas. Enfin, les sud-américains, qui pensaient obtenir l'alternance au niveau de l'organisation, se sentirent de nouveau lésés. Les argentins et les uruguayens décidèrent de ne pas participer au Mondial 1938.
Toutes les grandes équipes étaient présentes sauf la Yougoslavie éliminée de marque et... l'Angleterre qui estimait (comme d'habitude) que le niveau n'était pas suffisamment élevé pour elle. Pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du Monde, le pays organisateur (France) et le Champion du Monde en titre (Italie) étaient qualifiés d'office. La Squadra Azzura était le favori logique de la compétition. Un autre pays faisait aussi figure d'épouvantail : le Brésil. Les Cariocas avaient fait beaucoup de progrès et faisaient jeu égal avec ses illustres voisins continentaux. Elle possédait un joueur hors norme : Léonidas Da Silva. La grande question était de savoir si la France allait perpétuer la tradition qui était que le pays hôte remportait son Mondial.
Léonidas
Da Silva auteur de plus de 1.300 buts au cours de sa carrière.
Un
des plus grand joueur de tous les temps.
Le premier tour se disputait exactement comme en Italie, quatre années plus tôt, c'est à dire des 8 èmes de finale par élimination directe. Beaucoup de surprises allaient émailler cette première partie. Le premier éliminé de marque fut la grande équipe d'Allemagne qui était renforcée par les meilleurs éléments autrichiens (annexion oblige). En effet, au cours du match d'appui (1-1 après prolongations à la fin du premier match), la Suisse la terrassa sans l'ombre d'une discussion (4-2), preuve que l'on ne pouvait construire une équipe avec de nouveaux éléments à la dernière minute avant une telle épreuve. L'Autriche ne pouvant jouer, la conséquence fut la qualification (sans jouer) de son adversaire, la Suède. La "Wunderteam" n'était plus. Les Champions du Monde, quand à eux, avaient eu chaud. Ils avaient certes éliminé la Norvège (2-1), mais les scandinaves avaient poussé la Squadra Azzura dans ses derniers retranchements, l'obligeant à jouer les prolongations (1-1). Les surprises s'enchaînèrent. La Roumanie, trop vieille et misant trop sur son expérience, passa à la trappe au cours du match d'appui (2-1). Son bourreau, la surprenante équipe de Cuba, pratiquait un jeu léché, tout en mouvement, fait d'improvisation.
L'Equipe de France entama de son côté son Mondial par une brillante victoire sur son (amical) rival de toujours, la Belgique. Les belges, visiblement trop contracté, restèrent "en dedans" et furent dominés par 3-1. La Hongrie ne fit qu'une bouchée (6-0 !) d'un faible adversaire, les Indes Néerlandaises. Quand aux hollandais, ils ne purent tenir les prolongations face aux vice-champions du monde tchécoslovaques (3-0). Mais l'attraction venait des brésiliens.
Brésil-Pologne
en huitièmes de finale
Les artistes cariocas firent admirer leur virtuosité. Face à une belle formation polonaise, les brésiliens menèrent 3-1 à la mi-temps. C'est alors qu'un orage éclata, transformant en marécage le terrain. La suite rentra dans la légende la Coupe du Monde. Le brésilien Léonidas décida d'évoluer... pieds nus ! Il estimait qu'il était plus facile de jouer sans chaussure sur un terrain pareil. L'arbitre suédois Eckling (il avait arbitré la finale du Mondial 1934) fit appliquer le règlement et le Léonidas dut remettre ses chaussures. Ce temps génait considérablement le Brésil qui se dirigeait vers une qualification jusqu'à la 88 ème minute où l'autre grand homme de ce match, le polonais Willimowski, égalisa à 4 buts partout ! Il fallut jouer les prolongations. Léonidas prena l'avantage sur son adversaire indirect et marqua deux buts contre un but pour le polonais. Le Brésil se qualifiait pour les quarts de finale et éliminait une courageuse équipe de Pologne (6-5 !). Léonidas et Willimowski avaient marqué 3 buts chacun au cours de ce match de légende.
Les quarts de finale eurent moins de surprises. Les cubains ne récupérèrent pas de leurs doubles confrontations face aux roumains. Les suèdois, frais et dispo du fait du forfait de l'Autriche, ne leurs laissèrent aucune chance et les écrasèrent 8-0 ! Les suisses se trouvèrent dans le même cas que les cubains et succombèrent face aux hongrois (2-0). Le troisième quart de finale était plus que prometteur : Brésil - Tchécoslovaquie. Les artistes cariocas face aux finalistes de la dernière Coupe du Monde. Et bien, ce match fut un véritable combat physique, à oublier vite, très vite, l'enjeu ayant tué le jeu. Le résultat fut affligeant.
deux
brésiliens blessés (dont Léonidas),
deux autres expulsés ;
deux tchèques blessés, c'est à dire les deux
meilleurs joueurs (fractures du bras et du pied), un autre expulsé
;
Le match se termina sur un score nul de 1-1. Il fallut jouer un match d'appui. Ce second match fut à la hauteur des espérances. Des joueurs frais avaient fait leur apparition. Le Brésil se qualifia (2-1) après une seconde mi-temps de toute beauté, dominé par les sud-américains, Léonidas, étant remis des ses blessures, ayant montré le chemin de la qualification pour les demi-finales à ses coéquipiers.
France-Italie
en quarts de finale
Enfin, le dernier quart opposait le pays organisateur au Champion du Monde. La France affrontait l'Italie. Les Bleus avaient à faire à forte partie. Il n'y eut pas de surprises, malheureusement. Les italiens dominèrent le match de la tête et des épaules, dans tous les compartiments du jeu. Les français n'ont pas cru en leurs possibilités. Leur rêve fou s'était évaporé. La France ne deviendrait pas le troisième pays organisateur à remporter l'épreuve reine du sport mondial.
Les demi-finales s'annonçaient somptueuses. La première demi-finale, la Hongrie surclassa la Suède sans discussion sur le score sans appel de 5-1 ! Dans la seconde demi-finale, l'Italie se voyait opposée au Brésil. Tous les observateurs voyaient déjà la passation de pouvoir entre les deux formations. Tout le monde voulait admirer le stratège brésilien Léonidas. Le "Diamant Noir" (son surnom) ne joua pas la rencontre ! Ce fut une énorme surprise. En effet, l'entraineur sud-américain estima que l'Italie n'était qu'une étape avant la finale et décida de laisser au vestiaire... ses deux meilleurs joueurs. Incroyable ! La Squadra Azzura, qui avait élaboré un plan "anti-Léonidas", n'en demandait pas tant et saisissa l'occasion. Le Brésil, fatigué du voyage en train (on était loin du confort du TGV à l'époque) conjugué à l'absence de ses deux perles, succomba 2-1. Pour les italiens, conserver leur trophée était du domaine du réalisable. Les brésiliens se consolèrent en remportant la troisième place, avec Léonidas cette fois. L'Europe ne reverrait plus un des plus grand joueur de l'histoire du football qui marqua plus de 1.300 buts au cours de sa carrière !
La grande finale eut donc lieu à Colombes, le 19 juin 1938, entre les formations d'Italie et de Hongrie. Le dictateur italien Mussolini envoya un message d'encouragements à son capitaine Guiseppe Meazza : "Vaincre ou mourir". Pour motiver les troupes on a connu mieux. Cette rencontre fut d'un haut niveau entre une Squadra Azzura (déjà à cette époque) très réaliste et des magyars très techniques. Les hongrois laissèrent la direction du jeu aux italiens, ce qu'ils leur fut fatal. La mi-temps était déjà intervenue que l'Italie avec ses deux maîtres à jouer (Meazza et Ferrari) menaient déjà 3-1. Piola et Colaussi (2 buts) avaient frappé contre Tikos (une fois). Ce n'est pas le but du hongrois Sarosi qui ni changea grand chose (3-2). Le transapin Piola mit fin aux (maigres) espoirs magyars. Score final 4-2 pour l'Italie. Le public français, qui était acquis à la cause des hongrois (logique après l'élimination des Bleus en 1/4), ne put que constater la suprématie des italiens, supérieurs pratiquement dans tous les domaines. L'Italie remportait la Coupe du Monde 1938 et conservait par la même occasion son sceptre.
La meilleure équipe avait gagné le Mondial, une épreuve pontuée par du spectacle, de très beaux gestes techniques, une Coupe du Monde tournée vers l'offensive. Meazza et Ferrari, deux joueurs transalpins, avaient réussi le doublé 1934 - 1938 : Quand à l'entraîneur de la Squadra, Vittorio Pozzo, il venait d'enchaîner trois titres consécutifs : Mondial 1934 et 1938 - Jeux Olympiques de 1936. C'était mieux que l'Uruguay qui "n'avait" remporté "que" les JO de 1924 et 1928 et son Mondial de 1930. Cette équipe d'Italie des années 1930 restera une des plus forte de l'histoire du football mondial.
L'Equipe
d'Italie, Championne du Monde 1938.
Brandissant la Coupe Jules Rimet, l'entraineur
Vittorio
Pozzo.
Debouts de gauche à droite : Biavati, Pozzo, Piola, Ferrari,
Colaussi.
Accroupis : Locatelli, Meazza, Foni, Sorantoni, Olivieri, Rava,
Andreolo.
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36 pays engagés : 16 qualifiés :
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HUITIEMES DE FINALE : (44 buts)
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REJOUE |
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- |
: 1 |
- 1 |
AP 1-1 |
4 - 2 |
|
- |
: 3 |
- 3 |
AP 2-2 |
2 - 1 |
|
- |
: 6 |
- 0 |
|
|
|
- |
: 3 |
- 1 |
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|
|
- |
: 6 |
- 5 |
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|
- |
: 2 |
- 1 |
AP 1-1 |
|
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- |
: |
- |
FORFAIT |
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- |
: 3 |
- 0 |
AP 0-0 |
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QUART DE FINALE : (19 buts)
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REJOUE |
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- |
: 8 |
- 0 |
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|
|
- |
: 3 |
- 1 |
|
|
|
- |
: 1 |
- 1 |
AP 1-1 |
2-1 |
|
- |
: 2 |
- 0 |
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DEMI-FINALES : (9 buts)
|
- |
: 2 |
- 1 |
|
- |
: 5 |
- 1 |
TROISIEME PLACE : (6 buts)
|
- |
: 4 |
- 2 |
FINALE : (6 buts)
|
- |
: 4 |
- 2 |
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FICHE TECHNIQUE |
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ITALIE b. HONGRIE : 4 - 2 (1-2) |
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Lieu |
le 19 juin 1938 à Colombes (France) |
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Spectateurs |
45.124 |
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Arbitrage |
M. Capdeville |
(France) |
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Buts |
Italie |
Piola (16 et 82) |
Colaussi (5 et 35) |
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Hongrie |
Tickos (7) |
Sarosi (70) |
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Equipes |
Italie |
Oliveira |
Foni |
Rava |
Serantoni |
Andreolo |
Locatelli |
|
|
|
Biavati |
Meazza |
Piola |
Ferrari |
Colaussi |
|
|
|
Hongrie |
Szabo |
Polgar |
Biro |
Szalay |
Szucs |
Lazar |
|
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|
Sas |
Vincze |
Sarosi |
Szengeller |
Tickos |
|
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|||
OLIVIERI |
FONI |
RAVA |
SERANTONI |
ANDREOLO |
LOCATELLI |
BIAVATI |
MEAZZA (2) |
PIOLA |
FERRARI (2) |
COLAUSSI |
|
MONZEGLIO (2) |
PASINATI |
FERRARI II |
Entr : POZZO (2) |
|
GENTA |
CERESOLI |
OLMI |
MASETTI (2) |
|
PERAZZOLO |
BERTONI |
CHIZZO |
DONATI |
Légende :
Les
joueurs ayant disputé la Finale ;
les joueurs ayant disputé un ou plusieurs matchs
au cours de cette phase finale ;
les remplaçants n'ayant pas joué un seul
match au cours de ce Mondial.
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PALMARES : |
Pl |
EQUIPE |
Pts |
J |
G |
N |
P |
p |
c |
Diff |
1 |
|
8 |
4 |
4 |
0 |
0 |
11 |
5 |
+ 6 |
2 |
|
6 |
4 |
3 |
0 |
1 |
15 |
5 |
+10 |
3 |
|
6 |
5 |
3 |
1 |
1 |
14 |
11 |
+ 3 |
4 |
|
4 |
4 |
2 |
0 |
2 |
11 |
9 |
+ 2 |
MEILLEUR BUTEUR :
LEONIDAS (BRESIL): 7 buts
MEILLEURE ATTAQUE :
HONGRIE : 15 buts pour 4 matchs - 3,75
buts/match
NOTA : 2ème TITRE pour MEAZZA - FERRARI - MONZEGLIO et l'entraineur POZZO
NOMBRE DE BUTS :
84 buts pour 19 matchs soit 4,42 buts/match
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